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Paris veut décrocher «.paris» sur Internet · Mercredi 07 janvier 2009
La Mairie de Paris, par la voix de Jean-Louis Missika, adjoint au maire chargé de l’innovation, a affirmé la volonté de la Ville de créer une extension à son nom.C’est la société française Indom qui devra convaincre l’autorité américaine.
Réseau. La Mairie de Paris se bat pour obtenir le droit d’utiliser le nom de domaine «.paris» sur Internet. Le marché est jalousement contrôlé par les autorités américaines qui monnaient très cher les attributions.
Paris est une ville hyperconnectée. Les bornes wi-fi quadrillent les espaces publics, les opérateurs de télécommunication se bagarrent pour installer la fibre optique dans chaque appartement et les Parisiens ne se séparent jamais longtemps de leurs mobiles.
Néanmoins, si un internaute s’avise de taper «toureiffel.paris» dans la barre d’adresse de son navigateur internet, un message lapidaire sur fond gris s’affichera: «hôte introuvable». La capitale française ne possède pas de territoire virtuel à son nom. Elle n’a aucun domaine exclusif sur le Web.
L’extension «.paris» n’existe pas. Un vide que la Mairie de Paris compte bien combler.
L’opération est particulièrement compliquée. Si Internet ne connaît pas de frontière, sa gouvernance est essentiellement américaine. L’adressage des noms de domaines, qui permet à chaque personne physique ou morale d’avoir une adresse sur Internet (exemple: lemonde.fr), est géré exclusivement par des Américains. C’est la très californienne Internet corporation for assigned names and numbers (Icann), une association à but non lucratif créée en 1998, qui gère l’annuaire universel : il permet le bon fonctionnement du réseau des réseaux.
L’association a une marge de manœuvre ténue, elle demeure sous la tutelle du département américain du Commerce. Ce dernier est peu enclin à lâcher les brides du principal moteur de l’essor politique et économique de la planète. Toutefois, les tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde, à propos de la gouvernance du réseau, ont conduit l’Icann à en promettre la libéralisation du nommage.
En juin, la Mairie de Paris, par la voix de Jean-Louis Missika, adjoint au maire chargé de l’innovation, a affirmé la volonté de la Ville de créer une extension à son nom.
C’est la société française Indom qui devra convaincre l’autorité américaine de lui accorder son nom de domaine. Dans une ville où de plus en plus d’individus nomades seront connectés, avoir une extension «.paris» facilitera les recherches thématiques. «Il suffira par exemple de composer taxi.paris ou musée.paris pour obtenir les informations idoines», prévoit Stéphane Van Gelder, directeur général d’Indom.
Google cessera d’être un vecteur indispensable. Ensuite, les entreprises parisiennes et les marques de luxe, dont l’image est fortement associée à la capitale, pourront bénéficier sur le Web d’un effet d’appartenance lié à leur localisation. Paris pourra déposer sa candidature le 30 septembre. En cas d’agrément de l’Icann, la Ville aura un domaine à son nom sur le Web au premier semestre 2010. Cependant, l’administration américaine ne semble pas complètement résolue à lâcher une partie de sa gouvernance.
Dans un courrier du 18 décembre adressé à l’Icann, le ministère du Commerce américain a rappelé de nombreux points techniques, commerciaux et juridiques à contrôler avant un éventuel assouplissement de ses règles. Les frais de dossier réclamés par l’association américaine pour que Paris accède à son propre nom sur le Net se montent aujourd’hui à… 185 000 dollars. «Un prix inacceptable», estime Jean-Louis Missika.
Eric Nunès



