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Un Américain à la tête de l’Icann · Jeudi 25 juin 2009

La nomination probable de Rod Beckstrom, ancien responsable de la cybersécurité du gouvernement américain, confirme que les Etats-Unis ne sont pas prêts à lâcher la gouvernance d'Internet.

01netPro. - La nomination probable de Rod Beckstrom, ancien responsable de la cybersécurité du gouvernement américain, confirme que les Etats-Unis ne sont pas prêts à lâcher la gouvernance d'Internet.

Des derniers candidats en lice pour le poste de CEO de l'Icann, seul Rob Beckstrom a fait le déplacement à Sydney où se tient actuellement un sommet de l'instance de gouvernance d'Internet. Selon Stéphane Van Gelder, directeur général du registrar Indom et membre élu du GNSO, c'est lui que le conseil d'administration devrait logiquement confirmer lors d'une réunion demain vendredi pour une prise de fonction le 1er juillet.

Ce choix est le signe que les Etats-Unis comptent bien garder le contrôle de l'Icann malgré les appels de l'Union européenne pour une plus grande indépendance de cette instance stratégique dans le développement d'Internet. Cette nomination pour trois ans arrive dans un contexte très particulier. "L'accord qui lie l'Icann et le Département du commerce américain arrive à expiration le 30 septembre", explique Stéphane Van Gelder, joint par téléphone à Sydney.

Une multinationale anglophone

"Les critères de sélection désignaient quelqu'un hors du système de l'Icann et quelqu'un qui soit capable de gérer une multinationale qui a aujourd'hui un budget de 70 millions de dollars, mais qui pourrait passer à 200 millions avec les nouvelles extensions", continue Stéphane Van Gelder. Officiellement, Rob Beckstrom était le meilleur candidat quelle que soit sa nationalité.

Guère surpris par le choix d'un nouvel anglophone, après l'Australien Paul Twomey, Loïc Damilaville de l'Afnic pense que l'arrivée de Rod Beckstrom, qui est à la fois un entrepreneur et l'ancien directeur du Centre national pour la cybersécurité au sein du gouvernement américain, marque aussi un virage vers un renforcement sur les questions de sécurité.

Quant à l'avenir de l'accord entre l'Icann et le gouvernement américain, il a certainement de beaux jours devant lui. "Même si l'Icann n'est pas obligée de resigner, le gouvernement peut exercer une pression à travers un autre contrat détenu par l'Icann pour la gestion de la racine Internet, analyse Stéphane Van Gelder. Les hommes politiques américains veulent garder le contrôle pour des raisons de sécurité nationale et de pouvoir économique".

Nouvelles extensions, victimes de leur succès ?

Et les nouvelles extensions, dans tout cela ? "Le personnel de l'Icann insiste sur le fait que le calendrier sera respecté : version finale du manuel du candidat en décembre, premier cycle de candidatures en février 2010 et premières extensions en ligne fin 2010", affirme Stéphane Van Gelder.

"A Sydney, il est devenu clair qu'il pourrait y avoir beaucoup plus de dossiers que ne l'avait imaginé l'Icann, peut-être 3 000 dossiers au lieu de 300", raconte de son côté Loïc Damilaville. Le traitement des dossiers (évaluation financière et technique, opposition, etc.) étant très lourd, l'Icann pourrait se retrouver dépassée.

"C'est la grosse appréhension qui émerge de Sydney", continue-t-il comme si les porteurs de projets, déjà ballotés par les retards et un grand flou, avaient besoin de cela ! Parmi les nouveaux candidats, .sydney, .roma, mais aussi .eco soutenu par l'ancien vice-président américain Al Gore et .basketball du joueur Shaquille O'Neal. Pour l'heure, tout le monde se donne rendez-vous à Séoul à la fin du mois d'octobre sous la direction très probable de Rod Beckstrom.

Par Isabelle Boucq, 01netPro.

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